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Le panserbisme cancer yougoslave - Le drame des peuples non-serbes, victimes de la politique impérialiste serbe par Cristophe Dolbeau (1991, 1992)


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Table des articles


Hrvatski List N°167 du 6 décembre 2007: Ante Gotovina et la bave des crapauds, par Christophe Dolbeau


Crimes de guerre...

Christophe Dolbeau

08/10/2007


RIVAROL, 23/12/2005

Gotovina : vraie capture ou reddition camouflée ?

 Christophe DOLBEAU

(HRVATSKI)


RIVAROL, 25/02/2005

Croatie : haro sur Gotovina

Christophe DOLBEAU

(HRVATSKI)


RIVAROL, 17/10/2003

Croatie : des héros encombrants

Christophe DOLBEAU

(HRVATSKI)


PRESENT  du 10 mai 2006 A la rencontre de Dominique Erulin, homme d'honneur


Le Libre Journal n°369 du 2 février 2006: Un homme comme on n'en fait plus


Louise L. Lambrichs : NOUS NE VERRONS JAMAIS VUKOVAR aux Editions Philippe Rey


AFC: L'affaire Gotovina (Voire ce texte aussi en Croate: AFP: Slučaj Gotovina, trans.I.A.)


Le messager Croate: Spécial Vukovar: Le supplice d'une ville (revue)


LE MONDE, 9 MAI 1995 - Florence Hartmann: Des observateurs internationaux démentent les accusations de l'ONU contre l'armée croate


LE MONDE, 10/08/1995: CROATIE: LE DROIT, LE DEVOIR, LA NECESSITE, par Paul Garde, professeur émerite à l'université de Provence (Article présenté par L'association France-Croatie)


COMMUNIQUÉ DE L'ASSOCIATION FRANCE-CROATIE,  LE 10 MARS 2004 L’action « Tempête » de nouveau incriminé par le Tribunal pénal international
LES GENERAUX MARKAC ET CERMAK MIS EN CAUSE PAR LA HAYE


CYBERPRESS.CA, LE 09 MARS 2004: Premier procès majeur pour crimes de guerre (VUKOVAR)


L'ASSOCIATION FRANCE-CROATIE, Dossier : La Croatie et le TPIY


ITP-FRANCE, JANVIER 2003 Propagande politique et projet d’«Etat pour tous les Serbes»: conséquences de l’instrumentalisation des médias à des fins ultranationalistes (pdf) Rapport rédigé à la demande du Bureau du Procureur du Tribunal Pénal International pour l’ex-Yougoslavie par Renaud de La Brosse, Maître de conférences à l’Université de Reims Champagne-Ardenne (France)


LES-IDENTITAIRES.COM, LE 30 JANVIER 2004: LA RENCONTRE DU MOIS : Tomislav SUNIC répond aux Identitaires


E MONDE 02.07.02 A Belgrade, des intellectuels serbes entretiennent la popularité du chef de guerre


FRANCE-DIPLOMATIE, 14.02.2003  ENTRETIEN DU MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES M. DOMINIQUE DE VILLEPIN AVEC "CBC - RADIO CANADA"


LA PRESSE (CANADA), LE 6 NOVEMBRE 2002 CROATIE -Les statues de Zagreb


Propagande politique et projet d’«Etat pour tous les Serbes»: conséquences de l’instrumentalisation des médias à des fins ultranationalistes (pdf) Rapport rédigé à la demande du Bureau du Procureur du Tribunal Pénal International pour l’ex-Yougoslavie par Renaud de La Brosse, Maître de conférences à l’Université de Reims Champagne-Ardenne (France), Janvier 2003


 Dossier : La Croatie et le TPIY, Association France-Croatie


Vukovar - ne jamais oublier, Association France-Croatie

 

EUROPE

Les petites menaces du Président croate

Emmanuel Lemieux

17 juillet 2008

 

Alors que la Croatie toque à la porte de l’Union européenne et que son président, Stjepan Mesic, se pavanait ce week-end au sommet de l’Union pour la Méditerranée, un avocat français est menacé par le pouvoir croate de psychiatrisation s’il va enquêter sur des trafics d’armes à Zagreb. Mauvais point…

 

Le 3 juin dernier, Mmes Crussard et Boudot, huissiers de justice à Paris, ont cliqué sur le site officiel de la présidence croate, et consulté la page suivante.

 

Ils n’ont pu que constater le maintien de la publication depuis un an et demi, de propos assez virulents à l’encontre d’un jeune avocat d’Angers, Ivan Jurasinovic.

 

 Silence radio en Croatie© Karine Bernadou

 

Explications du texte traduit par une interprète judiciaire en langue croate. Alors que le président Mesic inaugurait dans la riante cité de Nasice un service de dialyse performant, le 10 novembre 2006, les journalistes présents se sont mis à lui poser des questions sur bien d’autres sujets. Cette bricole folklorique par exemple : les tentatives d’homicide sur Marin Tomulic à Paris. Ce quinquagénaire à la double nationalité franco-croate, aussi affable qu’angoissé depuis quelques années, est réfugié depuis 2000 dans la capitale française, où il a repris la PME de BTP de son père. Il est surtout l’ancien n°2 des services secrets, chargé de superviser les ventes d’armes pour le gouvernement Franco Tudjman durant la guerre dite patriotique. Il est également très au fait des étroites relations entre la France (l’Élysée, le Quai d’Orsay et la DST) et la Croatie, de 1992 à 1999. Sans compter les intimidations, les coups de fil bizarres et les filatures menaçantes, Il prétend qu’on a tenté de l’assassiner au moins par deux fois à Paris.

 

Plaintes contre la mafia croate au parquet de Nanterre

Il est donc demandé au Président Mesic ce fameux 10 novembre, de commenter les écrits des médias sur la plainte pénale déposée auprès du juge de Nanterre contre Marko Nikolic. Cet ancien mercenaire mafieux en fuite et jugé par contumace pour un autre homicide, est soupçonné de tentative de meurtre de Marin Tomulic. Dans cette plainte qui a été déposée au nom de Tomulic par l’avocat angevin Ivan Jurasinovic, d’autres noms sont pointés. Ainsi le Président Stipe Mesic est cité comme « le patron politique particulier du commanditaire du meurtre, Hrvoje Petrac. » Le président nie une telle complicité amicale, et affirme qu’il n’a rencontré cet individu que « par hasard » et par deux fois. Mafieux de la région de Zagorje, l’homme d’affaires Hrovje Petrac a été également l’un des grands financiers des campagnes électorales de Mesic.

 

Se détache alors de ses propos présidentiels, une menace en forme de vanne : « Pourquoi cet avocat qui a déposé la plainte, dit que je suis son patron politique ? Il doit sûrement le savoir, mais je lui conseillerais quand il viendra à Zagreb, de se rendre à Vrapce, car une aide efficace peut là-bas y être administrée aux gens comme lui. Ce sera une occasion formidable, cela ne lui coûtera pas cher, et nos médecins sont connus pour leur efficacité. »

 

Sous des allures juvéniles, l’avocat de l’ex-agent secret est lui-même le fils d’un émigré politique croate, et croit assez bien comprendre l’humour particulier de Zagreb. Vrapce est le nom du plus grand hôpital psychiatrique de Croatie, celui également où l’on traitait les dissidents politiques et le plus souvent de manière définitive. Il a lui-même porté plainte en octobre 2007, contre le président croate, pour ces menaces.

 

Paris en pleine ligne de mire

Qu’est-ce qui a pu énerver le très sourcilleux, dans tous les sens du terme, Mesic ? Lorsqu’il profère ses menaces sur l’avocat français, le dit-Petrac est jugé au même moment à Zagreb dans une affaire de kidnapping d’un enfant, celui du fils du général Zagorec, impliquant le gratin de la mafia croate. Dans ce milieu, grenouille également Zarko Pavlina. Ce gentil garçon, arrêté en Macédoine pour trafic de drogue, et relâché illico presto à la demande du président croate, est le propre beauf de Mesic. Les liaisons dangereuses sentent le roussi.

 

Comme amabilité de retour, les proches de Masic font savoir que Marin Tomulic, lui, a été condamné en septembre 2002 à un an de prison pour délinquance économique. « Monsieur Marin Tomulic intervenait systématiquement dans tous les dossiers sensibles ou non, en lien avec la France et les intérêts français » explique son avocat. C’est dans ce contexte que l’ancien responsable des services secrets accuse depuis des années avec constance, Hrovje Petrac de trafics d’armes et de rackets, s’enrichissant comme intermédiaire douteux sur l’approvisionnement en armes, notamment comme représentant officiel en Croatie de Giat Industries. Ces mêmes armes se sont retrouvées en nombre après la guerre (...)

 

Il a même eu une drôle de lubie démocratique, ce Tomulic : faire comparaître les vrais criminels de guerre croates, dont un certain nombre sont réfugiés en France. De quoi transformer l’asile politique en champ de tir… En tous les cas, Marin Tomulic a porté plainte pour avoir échappé à un attentat au fusil à laser alors qu’il circulait en voiture avec son fils, ainsi qu’à l’explosion pas du tout accidentelle d’une voiture tout près de l’un de ses chantiers en plein Paris, en septembre 2007. Autant dire que sa mémoire est une boîte de Pandore pleine à ras bord de secrets d’États et de ce genre de décisions que l’on prend en « realpolitik ». Jurasinovic envisage, lui, de se rendre à Zagreb d’ici à la fin de l’année, et vient de recevoir le soutien massif de la Conférence des bâtonniers. Le président Mesic qui plastronnait à la réunion de l’Euroméditerranée et à la tribune présidentielle française le 14 juillet, n’a pas encore trouvé le temps de rédiger un nouveau post sur ce sujet encombrant.


HRVATSKI LIST N°195

La grande arnaque continue

 Christophe Dolbeau

 Le 19 juin 2008

(HRVATSKI)

        

S’il est une catégorie de citoyens croates dont on ne peut qu’admirer la patience, ce sont bien les militaires car depuis une dizaine d’années, aucune avanie ne leur a été épargnée. Insultés par les uns, diffamés par les autres, limogés lorsqu’ils font mine de regimber et finalement jetés dans un cul de basse fosse, les anciens soldats auront payé un lourd tribut à la soi-disant « européisation » du pays. Dernière cible en date de ce processus épuratoire (du temps de Tito, on aurait dit « purge »), le général Mirko Norac auquel un tribunal de Zagreb vient d’infliger une peine de 7 ans de prison pour de pseudo crimes de guerre commis dans la poche de Medak. Symbole du parfait assujettissement de la justice croate aux normes du mondialisme, l’officier s’était déjà vu frapper d’une peine de 12 années de réclusion en 2003. Héros de la Guerre Patriotique, le voici donc condamné à passer 19 ans derrière les barreaux et ceci par les juges de son propre pays !

 

            Cette lamentable affaire, comme toutes celles qui l’ont précédée, illustre une fois de plus la gigantesque arnaque dont ont été et sont encore victimes les patriotes croates. L’escroquerie commence en fait dès le début du conflit, dans les années 1990. De toute évidence, les grands gourous de l’Union Européenne et de l’OTAN n’avaient pas du tout envie de voir la Yougoslavie se disloquer. Leurs plans prévoyaient en effet de conserver cet État tel qu’il était, d’en faire évoluer le régime vers un peu plus de démocratie et de l’intégrer gentiment au dispositif européen. Le panserbisme agressif de Milošević et de ses acolytes est, hélas, venu flanquer ce beau projet par terre. Confrontés à un déluge de crimes serbes et aux réactions d’auto-défense de la Slovénie et de la Croatie, les « grands » ont bien été obligés de prendre acte du décès de la Yougoslavie. Mais ce ne fut pas sans réticences ni arrière-pensées comme en témoignèrent, mois après mois, les pitoyables atermoiements et les incessantes palinodies de tous les yougo-nostalgiques – les Vance, Owen, Eagleburger, Carrington, Mitterrand, Mulroney et consorts – qui s’étaient offerts de régler la crise. Pour tous ces décideurs, la Serbie était certes coupable par ses chimères et ses excès sanglants de briser la Yougoslavie et de bouleverser la donne balkanique mais la Croatie l’était tout autant de résister avec autant d’opiniatreté. Au fond, vouloir à tout prix asservir son voisin n’est pas très « européen » mais défendre bec et ongles son pré carré et se rebiffer avec acharnement ne l’est pas non plus. Aux yeux des apôtres de l’Union, le nationalisme, qu’il soit expansionniste ou purement défensif, est désormais devenu le vice majeur. Dans la perspective des Eurocrates, rien de tout cela n’aurait dû arriver puisque dans la communauté qu’ils ont projetée, tout le monde devra vivre en harmonie, les frontières seront poreuses, il n’y aura plus qu’un seul drapeau, les gens se métisseront allègrement et tout le monde parlera anglais. C’est donc à contrecœur qu’on s’est résolu à soutenir – mais pas trop quand même – les Croates et les musulmans de Bosnie-Herzégovine, tout en se jurant bien qu’ultérieurement, on veillerait avec un soin tout particulier à « normaliser » ces peuples batailleurs.

 

            Ce que beaucoup de Croates n’ont pas compris ou pas voulu voir, c’est qu’on ne les soutenait pas par sympathie ou par souci d’équité mais parce qu’on voulait arrêter le conflit au plus vite. Ce qu’ils n’ont pas toujours saisi non plus, c’est que pour rejoindre le club européen, il leur faudrait d’abord se fondre dans le moule bruxellois. Dès la fin des hostilités, ces facteurs ont pesé de tout leur poids sur l’évolution de la Croatie. L’heure des patriotes et des idéalistes était passée, l’affirmation nationale devait maintenant céder le pas à l’intégration européenne et la parole était désormais aux mercantis. Bien décidés à remodeler la Croatie, les Eurocrates ont dès lors entrepris d’éliminer au plus vite ceux qui pouvaient gêner leurs plans. Logiquement, ceux qui risquaient le plus de ne pas apprécier la dépersonnalisation de leur patrie, l’abandon de sa souveraineté, son acculturation forcée et le bradage de son économie, étaient ceux qui s’étaient le plus battus pour la défendre, à savoir les militaires et les anciens-combattants. Pour s’en débarrasser, on s’est donc appliqué à les discréditer puis à les neutraliser. Premier argument, celui des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. Au fond, tout le monde s’en moque et chacun sait bien (surtout les USA, la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne et la Russie…) qu’il n’y a jamais eu de « guerre propre », mais bien relayée dans les media du monde entier, une bonne campagne de désinformation sur ce thème peut faire des ravages. « Calomniez audacieusement », remarquait déjà, il y a quatre siècles, le philosophe Francis Bacon, « il en restera toujours quelque chose ». Les soldats désignés sont durablement salis, la cause qui fut la leur est ternie et beaucoup de gens se mettent à douter. Rapidement, les individus visés n’ont plus d’autre choix que de consacrer leur temps et leur argent à se justifier et se défendre – ils cessent donc d’être politiquement gênants – tandis qu’aux yeux de la nation, le gouvernement se compromet à diligenter contre eux des procédures douteuses. Pour les grands ordonnateurs de ce jeu pervers, les bénéfices sont multiples. Leurs adversaires potentiellement les plus dangereux sont réduits à l’impuissance et le gouvernement local est impliqué, ce qui renforce sa soumission. Dans une perspective de « réconciliation européenne », la manipulation permet en outre d’éviter d’attribuer tous les torts à la seule Serbie. Les supposés crimes de guerre de l’armée croate rétablissent l’équilibre de l’horreur et mettent les anciens belligérants sur un pied d’égalité : des deux côtés il n’y a plus que des méchants et personne ne perd la face puisque la Croatie ne peut plus se prévaloir d’une quelconque supériorité morale.

 

            En Croatie, ces manigances se sont traduites par des opérations spectaculaires. On ne s’est pas contenté d’éliminer une brochette de généraux récalcitrants mais c’est par charrettes entières qu’on a limogé les officiers supérieurs les plus prestigieux. Pour les forces armées, l’affront fut total. Des gens aux parcours impeccables ont été démis de leurs fonctions comme des malpropres tandis que des soldats d’exception – ceux-là mêmes dont le pays s’enorgueillissait quelque temps auparavant – se sont vus soudain accoler les épithètes les plus infamantes. La Serbie ayant, tout au long de la guerre, employé quelques brigands notoires, il fallait pour que le mimétisme fût parfait que la Croatie en ait fait tout autant. Faute d’avoir sous la main des truands crédibles, on les a donc inventés de toutes pièces et, à sa grande stupéfaction, le public croate n’a pas tardé à découvrir que tel général réputé n’était qu’un ancien gangster, que tel autre était un narco-trafiquant, qu’un troisième avait volé des diamants, etc, etc, etc. Non content de s’en prendre à l’honneur militaire de ces officiers, on tenta aussi d’en faire des asociaux et des moins que rien.

 

            Figures emblématiques de cette minable campagne, plusieurs officiers ont même eu droit à des poursuites judiciaires, avec perquisition, traque et arrestation. Le tout, bien sûr, devant l’objectif des caméras. Ante Gotovina lui-même, le principal artisan de la libération de la « Krajina », fut laché par le gouvernement et contraint de vivre dans la clandestinité durant quatre ans. On connaît ses rocambolesques tribulations. Pour ceux qui sont poursuivis et jugés en Croatie, la situation n’est pas meilleure comme en attestent les scandaleuses procédures engagées contre le général Mirko Norac. C’est que le pouvoir croate doit sans cesse fournir à ses tuteurs étrangers des gages supplémentaires et prouver qu’il a bien compris les nouvelles règles du jeu. Sa fameuse indépendance est très virtuelle. Ce n’est plus Belgrade qui ordonne mais Washington, Londres, Paris, Bruxelles ou La Haye et il faut toujours obéir. Quant à la justice croate, il y aurait beaucoup à en dire. N’a-t-on pas vu, lors de la première instruction visant Mirko Norac, une jeune juge dalmate partir sans fausse honte chercher de pseudo preuves … en Serbie ? Et pour ce qui est du magistrat chargé du second procès, ne dit-on pas qu’il est membre de CIVITAS (une métastase du State Department) et qu’il aime à ce point l’Amérique qu’il aurait fait redessiner sa salle d’audience sur le modèle de celles du tribunal de Portland ? La magistrature, il est vrai, a quelques cadavres dans ses placards, ce qui explique peut-être son zèle ainsi que son tout nouveau et vétilleux souci des « droits-de-l’homme ». Après tout, il fut un temps, pas si lointain, où les juges devaient présenter des « garanties morales et politiques » (article 230 de la Constitution yougoslave) et « protéger l’ordre socialiste, démocratique et autogestionnaire » (article 203). À cette époque, on prenait ses consignes à l’UDBa, la procédure pénale était fantaisiste et c’est sans grands scrupules qu’on invoquait la « propagande hostile », les « atteintes au bon renom de la Yougoslavie » ou encore « la mise en danger de l’ordre social » pour expédier les patriotes à Stara Gradiška… Comme l’aurait dit ce brave Alphonse Karr : « plus ça change et plus c’est la même chose »…

 

            Humiliante pour l’armée comme pour la nation tout entière, cette grande arnaque continue et elle a d’ores et déjà causé des torts irréparables. Elle est lamentable et indigne de la Croatie. Il faut le dire et le redire.

 

 

                                                                                              Christophe Dolbeau


RIVAROL, N°2862

Christophe Dolbeau

Masochisme croate

 Le 13 juin 2008

(hrvatski)

Le 30 mai dernier, un tribunal de Zagreb a condamné à 7 ans de détention pour « crimes de guerre » l’ancien général Mirko Norac, 41 ans, héros de la défense de Gospić et figure emblématique de la guerre d’indépendance. Cette peine vient s’ajouter aux 12 ans de prison dont le général a déjà écopé en 2003. Engagé à 23 ans dans les commandos anti-terroristes de la police, remarqué lors des combats de Plitvice, Pakrac et Okučani, le jeune officier s’est ensuite illustré en Lika où son action décisive a empêché la partition par l’armée yougoslave du territoire croate. Placé peu après à la tête d’une brigade de la Garde Nationale et promu colonel (le plus jeune de l’armée croate), Mirko Norac participe avec brio à l’opération de Maslenica (1993) durant laquelle il est grièvement blessé par une mine. Élevé alors au grade de brigadier (1994), il prend encore part à l’opération Tempête (libération de la « Krajina »), devient général et se voit confier le commandement de la zone militaire de Knin.

            Si son ascension a été fulgurante, sa chute le sera tout autant. À partir de 2000, la politique croate change, en effet, du tout au tout : soucieux de complaire à tout prix à Bruxelles et de grapiller ainsi un strapontin à la table européenne, Zagreb se lance à cœur perdu dans les confiteor et les génuflexions. Au lieu de dignement célébrer ses sauveurs et de revendiquer haut et fort leurs faits d’armes, la République de Croatie entreprend au contraire de s’en désolidariser, de les salir et de renier leur épopée. À la phase d’affirmation nationale succède désormais celle de la dénégation et de l’auto-flagellation. L’idée est de convaincre les « Européens » que la Croatie regrette profondément d’avoir dû faire sécession, qu’elle a honte d’avoir dû se battre pour défendre sa souveraineté et qu’au fond, elle admet très bien ne pas valoir beaucoup plus cher que ses agresseurs ! Les principales victimes de ce spectaculaire revirement sont bien entendu les soldats les plus prestigieux car ainsi le mea culpa paraîtra d’autant plus convaincant. Au premier rang des sacrifiés et tout à côté d’Ante Gotovina figure donc Mirko Norac dont la « justice croate » se chargera en un tour de main de faire un bandit avant de le punir de façon exemplaire.

            Il y a 7 ans, 150 000 manifestants dont de nombreux députés se rassemblaient à Split pour acclamer le nom du général, exiger la fin des poursuites engagées contre lui et vitupérer les capitulards du gouvernement. On ne peut pas dire que cela ait eu beaucoup d’effet. Parmi les leaders politiques présents ce jour-là, on remarquait Ivo Sanader, celui-là même qui se félicitera plus tard de l’arrestation de Gotovina et qui occupe maintenant le poste de Premier ministre… Quant aux politiciens, toujours très prudents, ils affirment aujourd’hui ne pas vouloir commenter une décision de justice…   Servilité, lâcheté, trahison, parjure : le plus coupable n’est sans doute pas celui qui est derrière les barreaux.

                                                                                              Christophe Dolbeau


HRVATSKI LIST (Broj 184)

 

 

Christophe Dolbeau

 

  

Quo vadis Croatia ?

 

Le 3 avril 2008

 

 (Hrvatski)

 

S’excuser, se repentir, demander pardon, se parjurer et tout brader : que de couleuvres les gouvernements croates auront dû avaler, ces dernières années, pour que Bruxelles leur concède enfin un modeste strapontin ! De contritions en confiteor, d’affronts en avanies et d’abdications en reniements, peut-être la Croatie de M. Sanader obtiendra-t-elle en 2010 une petite place au sein de l’Union Européenne, mais au train où l’on va, elle risque fort de s’y présenter comme les malheureux bourgeois de Calais devant Edouard III d’Angleterre, « nus pieds, en chemise et la corde au cou ».

 

            Est-ce vraiment là ce que souhaitent les Croates ? Est-ce vraiment là ce qu’ont tant voulu ceux qui sont morts sur les champs de bataille de l’indépendance, dans les charniers de 1945, dans les sinistres KPD de Tito ou sous les coups de sa police secrète ? Et ne pouvait-on espérer une issue plus digne et plus honorable à un aussi juste combat ?

 

            Lorsque l’on voit, à La Haye, trois généraux croates – dont Ante Gotovina, le libérateur de la Krajina – entrer dans le box des accusés, escortés de quelques garde-chiourme bataves, on se demande forcément comment on en est arrivé là. Qui a voulu cela et quel Croate bien né peut-il l’accepter ? Voici des soldats qui ont défendu leur patrie agressée, qui l’ont fait avec vaillance, discernement, efficacité, et l’on voudrait aujourd’hui les assimiler à des bandits de grand chemin ! Comment l’État Croate, qui n’existe que grâce aux sacrifices que ces officiers et leurs hommes ont consentis, peut-il se prêter à une telle parodie et cautionner une pareille humiliation ? Le réalisme ou le pragmatisme ne justifient pas tout et il y a des choses qui ne se négocient pas. Au-delà des combines et des petites ambitions, les politiciens seraient bien avisés de se souvenir qu’un pays ne se grandit jamais en déshonorant ses propres soldats. Ils devraient également se rappeler qu’à trop faire de concessions sur l’honneur, on ne récolte souvent que le mépris…

 

            Devant quels pseudo magistrats les défenseurs de la Croatie doivent-ils donc répondre de leurs supposés crimes ? Nous avons déjà évoqué, ici même (1), les principaux travers du TPIY et la composition de la cour devant laquelle comparaissent les généraux Gotovina, Čermak et Markač confirme tout à fait nos réserves. Le président, M. Alfons Orie, n’est autre que l’ancien avocat du psychopathe serbe Duško Tadić, ce qui, pour des inculpés croates, n’est pas à proprement parler un gage d’impartialité. L’un des assesseurs, Mme Elizabeth Gwaunza, a fait toute sa carrière au Zimbabwe, sous la férule du « marxiste-léniniste-maoïste » Robert Mugabe, l’un des tyrans les plus sanguinaires d’Afrique. Le second assesseur, M. Uldis Kinis, est letton et il est entré dans la magistrature en 1981, quand l’abominable Boris Pugo, du KGB, faisait la pluie et le beau temps à Riga et que ses tribunaux expédiaient dissidents et patriotes au Goulag. Quant à l’accusateur public, M. Alan Tieger, son principal titre de gloire semble être d’avoir requis, en 1993, contre quatre sergents de ville de Los Angeles qui avaient brutalisé un ivrogne… Notons au passage que ce procureur est aimablement « prêté » au TPIY par le Ministère de la Justice américain (qui le rétribue), c’est à dire par ceux-là mêmes qui offraient 5 millions de dollars pour la capture du général Gotovina et qui exigent maintenant de la Croatie que son armée vienne se battre à leurs côtés en Afghanistan ! Si l’affaire n’était pas aussi grave et si trois hommes de valeur n’y jouaient pas leur honneur et leur liberté, on pourrait bel et bien parler de bouffonnerie.

 

            Outre cette mascarade judiciaire – dont il reste à espérer que le bilan ne sera pas aussi catastrophique qu’on peut le craindre – la Croatie n’en a, hélas, pas fini avec les offenses et les déconvenues car l’Union Européenne pourrait vite se révéler un miroir aux alouettes. Il ne suffira pas, en effet, de sacrifier une poignée de militaires et de mettre sa fierté dans sa poche mais il faudra immanquablement donner quelques gages supplémentaires de soumission et d’humilité. On a vu récemment que la « zone de protection écologique et de pêche » (ZERP) instaurée par Zagreb n’était pas du goût des futurs partenaires européens de la Croatie et le Sabor a dû y renoncer illico. On a également compris qu’il était désormais incongru de témoigner la moindre indulgence envers l’État Indépendant Croate (NDH) et qu’il ne fallait en aucun cas rendre hommage aux patriotes qui ont bravement défendu le pays entre 1941 et 1945. En revanche, les mea culpa sont les bienvenus… On devine par ailleurs que le catholicisme de la Croatie agace pas mal d’Européens – n’oublions pas qu’à l’instigation de la France, l’Union a rejeté avec indignation toute mention de ses racines chrétiennes. Viendra tôt ou tard pour Zagreb le temps de légaliser le mariage homosexuel et l’homoparentalité. En matière économique, les perspectives paraissent tout aussi alarmantes. On sait que dans le secteur bancaire croate, la part des investissements étrangers représente d’ores et déjà 90% du total des actifs. Si des pays comme l’Italie, la France ou l’Espagne s’évertuent à protéger leurs entreprises-clés, la Croatie doit au contraire, pour montrer sa bonne volonté, les sacrifier sans regimber au profit de prédateurs étrangers. Avec l’entrée dans le grand marché agricole commun, on ne tardera pas à lui interdire de commercialiser tel ou tel type de jambon, de saucisson, de fromage ou de vin car ils ne seront pas aux « normes ». Et puis il faudra tenir compte des quotas, procéder à des arrachages, se soumettre à la jachère obligatoire et normaliser les appellations.

 

            Déjà mise à mal par les oukases de Carla del Ponte, les chantages de Bruxelles et les exigences de l’OTAN, l’indépendance, si chèrement acquise, de la Croatie risque fort de se réduire comme une peau de chagrin. Contrairement à ce que persistent à croire beaucoup de gens, l’Union Européenne n’est pas une confédération de nations égales mais une grande fédération dont les anciens États ne seront plus que de simples provinces et dont les décisions importantes seront désormais prises à la « majorité qualifiée » (dixit le Traité de Lisbonne). Dans ce système, la Croatie et ses 4,4 millions d’habitants ne pèseront sans doute pas bien lourd… Dernier point qui a son importance : la Croatie est un pays biologiquement et culturellement plutôt homogène, ce qui n’est pas très européen. Le métissage est la règle et nul doute que ses influents gourous exigeront donc de la Croatie qu’elle se mette vite au diapason en important son contingent d’immigrés de couleur (2). Dans quelques lustres, le kolo pourrait bien se danser au son du tam-tam…

 

            Quel que soit l’angle sous lequel on la considère et malgré les beaux discours des illusionnistes et des bateleurs de tout poil, la future intégration européenne de la Croatie s’annonce moins idyllique que prévu. L’outrage de La Haye est un sérieux avertissement que les électeurs croates feraient bien de méditer.

 

 

 

                                                                                                Christophe Dolbeau

 

 

 

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(1)       Hrvatski List, broj 171.

 

(2) Dans un rapport paru en 2000, l’ONU ne préconise-t-elle pas l’accueil en Europe, d’ici à 2025, de 159 millions d’immigrants ?       


  

HRVATSKI LIST

 

La sinistre farce de La Haye

 

 Christophe Dolbeau

 

Le 3 janvier 2008

 

(HRVATSKI)

 

Comme l’écrit George Friedman, l’un des grands experts américains du renseignement (et dirigeant de Strategic Forecasting Inc.), « ce que l’on présente comme la justice, à La Haye, consiste en fait à jeter au hasard quelques individus dans la fosse aux lions, pour complaire aux puissants ». Le processus n’a rien à voir avec le droit ou l’équité, ce n’est ni plus ni moins qu’un rite expiatoire mais que l’on habille, pour la galerie, de quelques oripeaux juridiques. La parodie se veut édifiante et solennelle mais comme nous allons le voir, elle reste une sinistre farce.

 

                        Dès sa fondation, le Tribunal Pénal International pour l’ex-Yougoslavie s’enracine dans l’imposture puisque son acte de naissance – les résolutions 808 et 827 – est illégal, le Conseil de Sécurité de l’ONU n’ayant pas autorité pour créer une telle instance. Éminemment politique, ce pseudo tribunal possède des règles de fonctionnement qui n’ont que peu de rapports avec la tradition judiciaire d’Europe Occidentale : les magistrats s’autorisent à récuser les avocats qui leur déplaisent, ils modifient à leur gré les procédures sans l’aval d’une quelconque autorité supérieure et proclament d’ailleurs ne tenir aucun compte des formalités légales habituelles. Les comparutions à huis clos sont monnaie courante, les témoins secrets sont les bienvenus et faute de preuves matérielles, la Cour avoue se contenter de ouï-dire. Ajoutons, pour compléter le tableau, que le TPIY coûte fort cher et qu’une partie de son budget provient de mécènes privés comme Time Warner, le trust pharmaceutique Merck, la fondation Rockefeller et l’agioteur George Soros. Il ne manque que Coca Cola, Nike et Benetton !

 

                        Tenu pour un ballon d’essai en vue de la création ultérieure d’une Cour Pénale Internationale permanente, le TPIY n’a pas tardé à effrayer certains de ses grands instigateurs et lorsque la Cour Pénale a vu le jour, en 1998, les USA mais aussi la Russie, la Chine, l’Inde et Israel ont jugé plus prudent de ne pas y adhérer. De toute évidence, les méthodes expéditives de La Haye sont bonnes pour la Croatie, la Serbie ou le Kosovo mais pas pour les autres…

 

                        Outre ses usages pour le moins singuliers, le TPIY est également remarquable pour son personnel. Supposés compétents, efficaces, apolitiques et impartiaux, les magistrats de La Haye (et certains de leurs proches collaborateurs) constituent, en effet, une drôle de clique. Du côté de l’accusation, il y a d’abord eu Mme Arbour qui ne cachait pas ses accointances avec Madeleine Albright et les chefs de l’OTAN. Puis est apparue l’inénarrable Carla del Ponte, une espèce de clône de Karl Lagerfeld ou de Bart Simpson, dont l’entêtement, la brusquerie et la mauvaise foi sont devenus proverbiaux. La dame quitte son poste au 1er janvier 2008 pour aller faire l’ambassadeur à Buenos-Aires où l’on souhaite bien du plaisir à ceux qui auront la déveine de croiser son chemin. Peut-être eut-il mieux valu, au fond, l’expédier aux îles Kiribati, encore qu’au milieu des cocotiers, elle aurait sûrement débusqué un général croate trafiquant le coprah. Pour une saine et franche information des media et des masses laborieuses, Mme del Ponte s’était choisi une porte-parole à sa mesure en la personne de Florence Hartmann. Ex-correspondante à Belgrade du journal Le Monde, cette dernière n’est autre que la bru du général Domankušić, ancien patron du KOS et liquidateur du Printemps de Zagreb. En matière de neutralité et d’objectivité, c’était tout de même un gage ! Enfin, cet épisode est désormais clos et un nouveau procureur entre en fonction. Il s’agit cette fois d’un Belge, M. Brammertz, le seul procureur, dit-on, qui roule en Porsche (le premier modèle vaut tout de même plus de 46 000 €), pratique le karaté et raffole de rock acrobatique. On est rassuré…

 

                        Du côté des juges, le TPIY présente un assortiment d’individus tout aussi intéressants. Au premier rang des « apolitiques », on remarque par exemple M. Krister Thelin qui fut vice-ministre de la Justice en Suède, M. Mehmet Güney qui fut à plusieurs reprises ambassadeur de Turquie et M. Shahabuddeen qui fut ministre, vice-Premier ministre et même président du Guyana. On peut se demander au passage s’il était vraiment indispensable de recruter un magistrat dans cette Mecque universelle du Droit qu’est le Guyana ? Mais après tout, il y a bien un juge bantou. Chez les Français, on trouve M. Jean-Claude Antonetti qui fut le conseiller privé du président Chirac, et M. Jorda qui fréquente les convents de la franc-maçonnerie. L’Américain Theodor Meron est en fait un juif polonais qui fut autrefois (au temps de la Guerre des Six Jours) le conseiller du gouvernement Eshkol, et quant à la Flamande Christine van den Wyngaert, elle a débuté sa carrière en chantant contre la guerre du Vietnam.

 

                        Dans un genre un peu plus inquiétant, citons encore le juge pakistanais Ali Nawaz Chowhan qui est un spécialiste de la Charî’a, le juge congolais Mindua auquel ce grand démocrate de Maréchal Mobutu confiait en 1981 la présidence de la Cour Martiale de Kinshasa, ou le juge hongrois Árpád Prandler qui fit ses premières armes en 1962, sous l’égide du patibulaire János Kádár. Sans oublier la Chine, un pays qui a tué plus d’un million de Tibétains, liquidé 20 millions de prisonniers politiques, affamé 50 millions de paysans et qui exécute chaque année d’une balle dans la nuque (facturée 8 euros) 3000 condamnés, et dont l’ancien ambassadeur Liu Daqun siège lui-aussi à La Haye. Comme garant des droits de l’homme, c’est sans aucun doute ce qu’on appelle un choix judicieux.

 

                        Que le gouvernement croate ait admis la validité de ce soi-disant tribunal (le général De Gaulle l’aurait probablement qualifié de « machin » comme il le fit de l’ONU), qu’il en ait accepté les douteuses procédures, qu’il se soit plié à ses exigences les plus arrogantes et lui ait livré ses meilleurs soldats est proprement ahurissant. Il s’agit bien, comme nous l’avons dit, d’une sinistre farce.

 

                        La Croatie, on ne le répétera jamais assez, est un État souverain qui n’a agressé personne et n’a (théoriquement) pas de leçon à recevoir. Son armée a fait son devoir, défendu et libéré le territoire national et elle ne devrait avoir à rendre de comptes qu’à la justice et au peuple croates. Vu sous cet angle, le principe même du TPIY est inacceptable, ses prétentions intolérables et ses simagrées grotesques.

 

 

 

                                                                                                            Christophe Dolbeau

 


VoC, 15 décembre 2007
À : cyberpresse.ca

 

 Les mensonges 400%!

 

(Hrvatski)

 

Chers amis,

 

70.000-100.000 réfugiés serbes réclamés après la guerre en Croatie (Tempête 1995) ont atteint « 280.000 » en 2007 avec la victoire bien pré-arrangée de M Sanader et HDZ! (Cyberpresse.ca/AFP, Calin Neacsu, Zagreb, 15 décembre 2007) Il s’agit toujours du nombre de réfugiés de Croatie pendent l’opération libératrice croate Tempête (1995). 

 

Cela a dépassé même la propagande serbe la plus radicale qui nous a offert un chiffre de « 250,000 » (bien sur, ce chiffre aussi a vu le progrès exponentiel à partir de « 100.000 à 150.000 » dans les années 1995-2000).

 

Sans y mentionner la portion de ces « réfugiés » qui étaient venus en Croatie avant son occupation par l’armée yougoslave et serbe  - exactement avec un objectif d’envahir le pays et créer la grande Serbie, tout cela est trop, c’est trop.

Si on continue cette tendance mensongère, il me semble, il y en aura, des « victimes serbes », comme dans le passé, « 1 million » sans tarder. On ne saura plus qui avait attaqué qui, ni dans quel pays. Qui était la victime et qui l’agresseur.

Ce que devient un pays majoritairement catholique (88% !), grâce aux traîtres, est vraiment tragique.

 

Militairement invincible, il fallait toujours vaincre la Croatie par les ennemis masqués parmi ses propres dirigeants, et par les chiffres inventés. Et par un silence systématiquement imposé sur toute la vérité.

 

Au moins, on voit ici comment les accusations pour créer un blâme historique se développent. Dans 10 ans, les chiffres inculpant la Croatie ont monté de 400% ! On voit comment on détruit une noble nation, et non pour la première fois.

 

Il faut y ajouter le fait que les criminels de guerre serbes ont commandé à leur population serbe de quitter le pays après l’opération militaire croate en 1995, pour changer le dessin démographique de Bosnie et Herzégovine et ailleurs en défaveur de la population croate et des minorités non-serbes en B-H, et pour acquérir ainsi 50% de Bosnie et Herzégovine pour les Serbes ! Les Croates de là-bas sont serrés avec les musulmans dans l’autre moitié de territoire – exactement comme voulu par Milosevic – pour que les Croates de B-H disparaissent complètement. Avec bénédiction de Zagreb, aussi…..

 

Mais pour que tout ça marche, pour que les mythes surviennent, on a besoin d’un ennemi masqué, de deux, en effet : de Mesic (président de la Croatie) et de Sanader (premier ministre, HDZ).

Et beaucoup de mensonges exponentiels, évidement.

 

Que c’est tragique qu’ainsi on vient au pouvoir en Croatie, par la trahison totale et par l’acceptation d’horribles mensonges, sans que la presse internationale en fait un portrait objectif!

 

C’est une expérience trop dangereuse de « démocratie », ce qui pourrait produire des répercussions en Europe, et même ici au Québec : « comment détruire une nation ».

 

Enfin, pourquoi les Serbes doivent avoir plus de droit (et même celui d’agresser le pays qui les a acquis) que les minorités ethniques, disons, ici au Québec, au Canada…

 

Ivana Arapovic

Montreal, Qué.

http://voiceofcroatia.net


Hrvatski List N°167

Ante Gotovina et la bave des crapauds

Christophe Dolbeau

 le 6 décembre 2007

 

(HRVATSKI)

 

            La façon dont le gouvernement croate a volontairement cautionné la parodie judiciaire – on peut même carrément parler de bouffonnerie – de La Haye et abdiqué par là toute souveraineté juridique est pour le moins paradoxale. Ainsi, faisant fi de tant d’années de lutte et de tant de sang et de larmes versés par la nation pour imposer son droit à l’existence et à l’indépendance, l’État croate, à peine sorti des limbes, ne trouve-t-il pas de tâche plus urgente que de faire allégeance à de nouveaux suzerains étrangers ! Bien sûr, cette démarche résulte d’un chantage plutôt nauséabond mais les dirigeants du pays ne semblent pas avoir déployé un très grand zèle pour y résister…

 

            Dans le cadre de cette triste affaire, le cas du général Ante Gotovina restera longtemps l’illustration la plus parfaite des bassesses auxquelles peut conduire la soi-disant « raison d’État ». Il témoigne aussi de la poltronnerie de certains politiciens. Voici donc un officier, efficace, jeune et courageux, un homme dont n’importe quel pays serait fier, mais que l’on décide froidement et cyniquement de sacrifier à de douteux intérêts diplomatico-financiers.

 

            Guerrier d’exception, stratège habile et chef respecté, ce soldat a contribué de façon décisive à la défense de sa patrie et pour toute reconnaissance, la classe politique – des gens, il faut bien le dire, qu’on a peu vus sur les champs de bataille – choisit de le livrer. La situation est inédite, surtout dans un pays qui vient de gagner la guerre (imagine-t-on, en 1945, la France livrer le général Leclerc, l’Angleterre le général Montgomery ou les USA le général Patton, à un tribunal, quel qu’il fût ?), et l’on songe immanquablement au mot de Barbey d’Aurevilly selon qui « si Judas vivait, il serait ministre d’État »…

 

            Traqué dans le pays même qu’il vient de libérer, contraint d’adopter un nom d’emprunt et de s’expatrier, et finalement appréhendé comme un vulgaire délinquant en cavale, le général est aujourd’hui incarcéré et inculpé de violation des lois et coutumes de la guerre ainsi que de crimes contre l’humanité. Au passage et pour parfaire le cauchemar, l’acte d’accusation se permet même de qualifier la légitime libération du territoire croate par l’armée croate d’ « entreprise criminelle » !

 

            Bafouant l’honneur de la Croatie, celui de ses forces armées et celui de l’un de ses plus brillants officiers, cette procédure est une gigantesque imposture qu’aucun patriote ne peut approuver (1) et dont on espère que les instigateurs et les complices auront un jour à rendre compte au peuple croate. Cela dit, il est tout de même édifiant de revenir sur les mécanismes de cette crapulerie.

 

            Sur le fond de l’affaire, faut-il encore répéter que l’opération Tempête était amplement justifiée ? En août 1995, la Croatie n’a aucunement entrepris un « nettoyage ethnique » mais elle a simplement rétabli sa souveraineté. « La Croatie », écrivait alors un journaliste français d’un certain renom (2), « reconquiert ses territoires, le droit est avec elle ». Loin de prôner la revanche, le président Tudjman avait d’ailleurs demandé aux habitants de la Krajina de demeurer dans leurs foyers, tandis que le général Gotovina appelait expressément ses troupes à « respecter les lois internationales et à ne pas chercher à se venger sur les vaincus ». Il est patent par ailleurs que l’exode d’une partie de la population est beaucoup moins dû à l’offensive croate qu’aux ordres d’évacuation donnés par Milan Babic et Mile Martic ainsi qu’à la psychose collective qu’ils ont délibérément suscitée. Quant aux crimes ou actes déshonorants qui ont pu se produire dans la zone, ils sont apparemment survenus sur les arrières de l’armée et à l’initiative de bandes irrégulières. Lorsqu’il en a eu connaissance – ce qui ne va pas de soi quand on mène une opération militaire d’envergure et qu’on est à la tête d’un contingent de 150 000 hommes – le général en a aussitôt fait sanctionner les auteurs. Ante Gotovina, ne l’oublions pas, a appris le métier des armes à la Légion Étrangère, une unité dont le code d’honneur (article 7) stipule clairement : « Au combat, tu agis sans passion et sans haine et tu respectes les ennemis vaincus ».

 

            Que l’on conteste le bien-fondé des actions de l’armée croate et que l’on cherche à en diminuer les mérites ou à en ternir la réputation n’est pas particulièrement agréable mais on peut admettre, à la limite, que certains n’aient pas d’autre moyen de traduire la frustration qu’ils ont ressentie en voyant la Croatie reconquérir son indépendance. Après tout, chacun sait bien que dans pas mal de pays (la France, la Grande-Bretagne ou la Hollande, pour n’en citer que trois), les nostalgies yougoslaves, la serbophilie et la croatophobie ont encore de nombreux adeptes… Ce qui est tout à fait inadmissible, en revanche, ce sont les méthodes auxquelles on a eu recours pour contraindre un pays théoriquement indépendant à se plier à la volonté des « Grands », et celles qu’on a utilisées, au mépris de toute présomption d’innocence, pour capturer le prévenu et salir son nom. Dans le cas du général Gotovina, de prétendus magistrats internationaux n’ont pas hésité à se convertir en vulgaires maîtres-chanteurs. Simultanément, toutes sortes de pressions et de menaces ont été exercées sur la famille, les amis et les relations de l’officier, tandis qu’une énorme campagne médiatique s’efforçait de « casser » son image auprès du public.

 

 Trop populaire aux yeux de ses détracteurs, Ante Gotovina a fait l’objet d’un feu nourri de mensonges et de calomnies, l’objectif final de cette campagne étant bien sûr de convaincre l’opinion publique de la noirceur de sa personnalité, de crédibiliser du même coup les accusations portées contre lui et de le priver ainsi d’éventuels soutiens. Avec une synchronisation aussi parfaite qu'étonnante, agences de presse, sites internet, journaux et revues ont donc commencé, aux quatre coins du monde (y compris en Croatie), à distiller de pseudo révélations sur son compte. Tout a été fait pour rendre le personnage antipathique ou à tout le moins équivoque. S'est-il fait embaucher à 16 ans sur un navire de commerce ? Eh bien, ce goût de l’aventure est suspect ! (L’amiral Nelson avait pourtant fait la même chose et il n’avait que 12 ans). Sous-entendu, il eut mieux valu qu’il allât bien sagement à l’école, adhérât à la Ligue de la Jeunesse Communiste et devint « estafette de la jeunesse ». À 18 ans, il renonce à la bonne vieille armée yougoslave pour s’engager dans la Légion Étrangère et voilà matière à de nouvelles insinuations. Ne s’agit-il pas d’un ramassis de mercenaires au passé souvent douteux, d’une troupe de voyous sans foi ni loi ? En fait, la Légion est un corps d’élite et l’une des unités les plus prestigieuses de l’armée française. Particulièrement aguerrie et réputée pour son professionnalisme, elle ne recrute peut-être pas beaucoup de rosières mais n’accueille certainement pas de brigands dans ses rangs. Au nombre des « voyous » qui ont porté son képi blanc, citons d’ailleurs les écrivains Arthur Kœstler et Ernst Junger, ou encore le futur président français Mac-Mahon, le futur président du Conseil Edouard Daladier, le prince Louis II de Monaco et même le futur roi de Serbie Pierre Ier Karadjordjevic. De toute façon, dans la Légion, nous dit-on ensuite, Ante Gotovina n’a rien fait ; tout juste fut-il vaguement le chauffeur du colonel Erulin, un officier qui aurait, comme par hasard, pratiqué la torture en Algérie. N’en déplaise aux crapauds de toutes sortes, le légionnaire Gotovina semble bien avoir pris part à diverses opérations, à Djibouti, au Tchad, à Kolwezi (sauvetage de 2800 Européens, en mai 1978), en Côte d’Ivoire, et il aurait même été grièvement blessé au Tchad ! Quant au colonel Philippe Erulin (1932-1979), sous les ordres duquel il a servi, il s’agissait de l’un des officiers les plus respectés de son temps (3).

 

Que fait donc Ante Gotovina au sortir de la Légion ? Rien de bon, bien sûr, à en croire ses contempteurs qui le transforment en homme-de-main de quelques sombres officines politiques. Le voici désormais briseur de grève pour le compte du parti gaulliste puis « gorille&n